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Affichage des articles du septembre, 2024

Kamel Daoud "Houris"

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  Kamel Daoud, avec ce roman, explore les séquelles de la décennie noire en Algérie à travers la voix d’Aube, jeune femme ayant survécu à une tentative d’égorgement à l’âge de 5 ans lors de cette période de violence.   Aube, désormais muette, s'adresse à l'enfant qu'elle porte, qu'elle nomme Houris, en lui narrant son histoire et celle de l'Algérie durant les années de terrorisme islamiste. Elle lui raconte l'attaque qui a décimé à sa famille et ravagé son village, la nuit du 31 décembre 1999. Vingt ans après, marquée par un sourire de 17 centimètres sous son menton, trace du couteau, elle dirige un salon de coiffure qu'elle a nommé Shéhérazade, symbole de la résistance par la parole. Dans ce monologue intérieur, Aube revisite les lieux du drame, cherchant à comprendre et à se souvenir, malgré une loi d'amnistie qui impose l'oubli sous peine de prison.  Elle entame un périple vers son village natal, surnommé « l’Endroit Mort ». Ce voyage est autant u...

Maylis de Kerangal "Jour de ressac"

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Nous avons lu ce livre après avoir lu pas mal d’articles dithyrambiques à son sujet. De plus, étant sur la liste de la première sélection pour le Goncourt nous nous sommes dit qu’il devait être vraiment excellent. Alors peut-être l’est-il mais il faut avouer que nous n’avons pas accroché. La magie n’a pas opéré. Si les premières pages sont captivantes, l’ennui s’est abattu assez rapidement sur nous. L'incipit, pourtant, est prometteur. Un corps est découvert sur une plage du Havre, un numéro de téléphone enfoui dans la poche de l'inconnu. La police, dans son enquête, joint notre héroïne, laquelle ne connaît nullement le défunt, mais est néanmoins convoquée par les inspecteurs du Havre. Une énigme, en apparence bien tissée, semble se profiler à l'horizon. Notre protagoniste, profitant de cette macabre coïncidence, s’engage dans une quête personnelle, arpentant les sentiers de sa jeunesse, ressuscitant les fantômes d’un amour révolu. L’écriture, élégante, enveloppe le tout d’...

Philippe Jaenada "La désinvolture est une bien belle chose"

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  En découvrant les clichés d'un photographe hollandais, Ed Van Der Elsken, immortalisant des instants de vie dans un café de Saint-Germain-des-Prés, Philippe Jaenada est profondément ému. Ces visages juvéniles, ces silhouettes insouciantes semblent lui murmurer une histoire. Intrigué, il veut savoir qui sont ces jeunes, comprendre ce qu'ils faisaient là, dans cette parenthèse de leur existence. Bien sûr, il se doute qu'il ne trouvera que peu de réponses concrètes, mais peu importe. Ces jeunes avaient dix ans sous l'Occupation, un âge où l'on saisit tout sans pouvoir rien changer, où l'on subit en silence. Leur enfance, une période cruciale, leur avait été arrachée. Alors, à l’adolescence, ils avaient tenté de la revivre, de la réinventer. Dans ce bistrot de Saint-Germain, ils avaient recréé une cour de récréation, un refuge où ils passaient leurs jours, leurs nuits. Pourtant, on ne peut pas rester enfant toute sa vie. Mais c'est une histoire en particulier ...

Rebecca Lighieri « Le club des enfants perdus »

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« Le club des enfants perdus », de Rebecca Lighieri, s’impose d’emblée comme une œuvre complexe, mystérieuse, où s’entrelacent la lumière et l’ombre des âmes qui s’y débattent.  Au centre de cette tragédie intime, nous rencontrons Armand et Birke, couple flamboyant de comédiens parisiens, auréolés de succès et d’une réputation bien établie dans le monde du théâtre. Leur vie semble être un ballet d’émotions maîtrisées, un tourbillon de passion artistique où tout n’est que liberté et éclat. Mais cette façade brillante masque une zone d’ombre, une faille béante, personnifiée par leur fille, Miranda. Là où ses parents se nourrissent de lumière, Miranda vit dans le retrait, une jeune fille frêle, introvertie, dont l’âme semble à jamais distante des feux de la rampe. Miranda est une énigme, une figure presque spectrale dans ce monde d’exubérance artistique. Tandis que son père la chérit, essayant de percer l’opacité de ses silences, sa mère semble, au mieux, résignée à son existence. Ent...

« Sound of Freeform » de Alejandro Monteverde

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Ce film, bien plus qu’un simple drame, se dresse tel un acte de résistance face à l'une des tragédies les plus sordides de notre temps : le trafic d'enfants. À travers une mise en scène déchirante, il nous confronte à l'inhumain, à l'injustifiable, et nous oblige à affronter ce que nous feignons trop souvent de ne pas voir. Rarement une œuvre n’a su, avec autant de force et d’urgence, transformer cet art en un appel à l’action comme « Sound of Freedom ».  Ce n’est pas un film qui se contente de choquer ou de faire sensation. Il est une œuvre de conscience, de celles qui transcendent la simple narration pour devenir un témoin, un flambeau. Inspiré de l’histoire vraie de Tim Ballard, ancien agent de la sécurité intérieure américaine devenu activiste contre l’exploitation des enfants, le film expose sans détours une réalité brutale : celle d’un commerce où l'innocence est monnayée, brisée, effacée. Sous la direction subtile et sobre d’Alejandro Monteverde, « Sound of F...

Étienne Kern « La vie meilleure »

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  Il est des livres que l’on redoute de refermer, que l’on ne veut pas quitter tant ils nous envoûtent, nous retiennent dans leurs pages comme dans un rêve. Ceux d’Étienne Kern sont de cette trempe. Son nouveau roman, telle une parenthèse enchantée, nous enveloppe d’une grâce subtile et fragile, un instant volé au temps. Dans ces lignes délicates, Étienne nous conte la vie d’Émile Coué, cet homme habité par une foi ardente en la puissance des mots, en l’imaginaire qui façonne nos existences.  Plus qu’une biographie, c’est un hommage. Un hommage vibrant, empreint d’une douceur infinie. Avec une finesse de poète, il célèbre celui qui croyait en la magie de la pensée positive, celui qui, par des paroles simples, voulait redonner espoir à ceux que la vie avait écorché. Il doutait parfois, car même les optimistes vacillent, mais il savait qu’espérer ne saurait jamais nuire. Et si croire, simplement croire, pouvait guérir ? Ou rendre la vie meilleure. Et puis, il y a Lucie. Et puis,...

Léa Chauvel-Lévy « Une demande folle »

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« Une demande folle » de Léa Chauvel-Lévy fait partie de ces romans où chaque mot résonne avec une intensité particulière, chaque phrase dévoilant l’intimité d’une vie bouleversée. C’est un livre qui explore avec délicatesse les thèmes de la filiation, de l’amour, et de la quête de soi. Un jour, son père, à la fois fragile et touchant, lui demande de l’accompagner en Suisse pour un test de paternité. Cela produit chez elle un séisme intérieur, ébranlant tout ce qu’elle pensait être, tout ce qu’elle croyait savoir. « Je ne suis pas sûr d’être ton père. » Ces mots résonnent comme une onde de choc, réveillant en elle l’enfant qui cherche désespérément un point d’ancrage dans un monde soudain incertain. La narratrice, plongée dans le doute sur ses origines, entreprend une quête presque initiatique pour comprendre la démarche de cet homme qui, par une seule phrase, a remis en question toute sa réalité. En consultant des professionnels de la justice, un sociologue, un prêtre, elle cherche à ...