Alice Develey "Tombée du ciel"
Qu'est-ce que la littérature, sinon un miroir impitoyable tendu à nos émotions les plus enfouies, celles que l'on préfère ignorer, repousser, par crainte d'en être submergés ? La littérature, c'est recevoir en pleine face la colère qui dérange, celle qui bouscule nos certitudes et nous force à affronter l'invisible. Ce que l'on ne veut pas voir n'existe pas, dit-on. Mais trop tard, la colère d’Alice est là, déposée sur le papier, indélébile. Il ne reste qu’à la regarder en face, à l'affronter. Dans son premier roman, Alice nous plonge dans sa réalité brute, celle d’une adolescente anorexique, enfermée dans un service de pédopsychiatrie. C'est là, dans son cahier, qu’elle consigne la violence qu’elle endure : violence des lieux, violence des pratiques. La guérison n’est ici qu’un marché froidement calculé, une transaction où chaque kilo pris se monnaie contre un privilège : « Prends un kilo, et tu récupères ton téléphone ; prends-en deux, et une vis...