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Affichage des articles du novembre, 2025

Louis-Henri de La Rochefoucauld, "L'amour moderne"

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Je ne connaissais pas Louis-Henri de La Rochefoucauld. Et puis, un jour, flânant dans une librairie, j’ai vu la couverture de L’amour moderne . Un superbe dessin, très attirant. Aussi, quelque chose dans le titre, dans ce contraste entre l’intimité du mot « amour » et la froideur du mot « moderne », m’a aussitôt intriguée. J’ai ouvert le livre sans attendre, et je me suis fait happer. Ce roman a cette manière rare de vous emporter sans éclats, comme une musique douce dont on ne se rend compte qu’après coup qu’elle nous a bouleversés. Louis-Henri de La Rochefoucauld y déploie un art subtil de la dérision élégante, de la phrase qui frappe sans crier gare, tout en cultivant ce qu’on pourrait appeler une « cynique mélancolie ». Ce mélange rare où l’on rit un peu en comprenant que l’on pleure. Il y a d’abord cette atmosphère : un Paris feutré, élégant, où les personnages semblent se mouvoir dans un ralenti doré. On y respire un parfum de champagne et de solitude. Chaque scène sonne juste...

John Singer Sargent à Orsay

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  Je vais être honnête : je ne connaissais pas du tout John Singer Sargent. Mais, le jour où j’ai vu l’affiche de son exposition au musée d’Orsay, quelque chose m’a tout de suite attirée. Cette élégance un peu mystérieuse, cette promesse de lumière ; j’ai eu envie d’en savoir plus. Et je ne me suis pas trompée : en sortant de « John Singer Sargent. Éblouir Paris » , j’étais complètement sous le charme. Sargent, Américain né à Florence en 1856, s’est formé à Paris. En une décennie, il s’est imposé dans le monde feutré des salons comme un prodige du pinceau. Mais ce qu’on découvre ici va bien au-delà du portrait mondain : il y a dans sa peinture une audace, un éclat, un sens de la lumière presque tactile. Les tissus semblent respirer, les carnations vibrent, les regards en racontent autant que les poses. Je crois que c’est ça qui m’a le plus touchée : cette impression que la peinture vit, respire, et qu’elle vous enveloppe doucement. Devant certains tableaux, on sent presque la mu...

Gilles Marchand "Les promesses orphelines"

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  Avec  Les Promesses orphelines , Gilles Marchand signe un texte d’une douceur nostalgique, un roman vibrant sur la jeunesse, les illusions et le temps qui passe. Une ode à ceux qui grandissent sans bruit, dans l’ombre des grandes promesses de leur époque. Il y a chez Gilles Marchand une manière unique de faire battre le cœur des choses simples. Dans «  Les Promesses orphelines » , il raconte la jeunesse de Gino, gamin du Loiret dans les années 60, à une époque où tout semblait possible. Les Trente Glorieuses déploient leur horizon d’avenir radieux : la télévision s’installe dans les salons, les voitures filent sur les routes neuves, on rêve de fusées et de liberté. Et pourtant, Gino, lui, a le sentiment d’être à côté de tout cela ; un peu lent, un peu gauche, un peu en marge de ce monde qui s’emballe. Marchand saisit avec une justesse rare ce mélange de tendresse et de décalage qui accompagne l’enfance. Il y a dans ce roman la beauté des petites espérances, celle d...