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Affichage des articles du avril, 2026

"Michael" d' Antoine Fuqua

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Il y a des films que l'on attendait comme une promesse, et qui vous laissent avec le sentiment étrange d'avoir assisté à quelque chose d’inachevé. Non pas raté, mais tronqué, comme si l'on n'avait eu droit qu'à la moitié d'un tableau dont l'autre moitié demeurait résolument dans l'obscurité. Michael , le biopic qu'Antoine Fuqua consacre au Roi de la Pop, est de ceux-là. La question ne se pose pas de savoir si le sujet méritait un film. La vie de Michael Jackson, dans toute sa démesure solaire et ses abîmes intimes, était une matière cinématographique d'une richesse peu commune. C'est précisément pourquoi l'on ne peut s'empêcher d'éprouver une certaine mélancolie devant ce qu'Antoine Fuqua a choisi de faire, ou plutôt de ne pas faire , de cette matière. Car le film, dans sa construction même, est hanté par une figure qui n'est pas celle de son héros mais, celle de son père, Joe Jackson. Colman Domingo le campe avec une prés...

"Juste une illusion" d'Olivier Nakache & Eric Toledano

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  Il ne faudra pas chercher dans « Juste une illusion » les fulgurances visuelles d'un Scorsese ni la densité dramaturgique d'un Audiard. Le nouveau film d'Olivier Nakache et Éric Toledano, sorti le 15 avril, n'a pas l'ambition de bousculer l'histoire du cinéma. Son scénario tient sur le dos d'une enveloppe : un garçon de treize ans, une cité de banlieue parisienne, des parents qui se déchirent en silence et un grand frère inaccessible ; le tout planté en 1985, à cet âge suspendu où l'on n'est déjà plus un enfant et pas encore tout à fait un homme. Rien de révolutionnaire, donc. Et pourtant. Pourtant, on sort de la salle le cœur léger, le sourire aux lèvres, avec cette impression douce et un peu mélancolique d'avoir retrouvé quelque chose de perdu; quelque chose qu'on n'aurait pas su nommer avant d'entrer dans l'obscurité de la salle. Car ce que réussissent les deux complices, c'est quelque chose de rare et d'infiniment...

"Mur Mure" de Lilou Fogli au Théâtre de La Michodière

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  Il arrive, parfois, que le théâtre tienne une promesse rare : celle de nous arracher complètement au monde pendant une heure et demie. Mur Mure , de Lilou Fogli, actuellement au Théâtre de la Michodière, est de ces spectacles qui font du bien. Celui qui chatouille l'intelligence autant qu'il réchauffe le cœur. L'intrigue, en apparence simple, recèle une beauté d'épure : un inventeur misanthrope, amoureux du silence absolu, voit son équilibre, soigneusement construit, bouleversé par l'arrivée d'une jeune pianiste dans l'appartement mitoyen. Entre eux : un mur . Et toute la question, vertigineuse, que pose la pièce avec une légèreté désarmante: comment deux êtres que tout oppose pourraient-ils s'entendre, se rencontrer… sans se voir ? Ce dispositif, Lilou Fogli le tient avec une maîtrise d'auteure accomplie. Elle sait que la contrainte est mère de l'invention dramaturgique, et que l'absence de regard peut, paradoxalement, tout révéler. Mur ...

Antigone de Jean Anouilh au Théâtre de Poche Montparnasse

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Avant d'y aller, j'avais relu Antigone . Je voulais avoir le texte vivant en moi avant d'entrer dans cette petite salle du boulevard Montparnasse. Et c'est cette lecture fraîche qui m'a permis, dès les premières minutes du spectacle, de mesurer la fidélité absolue de ce que Didier Long propose et l'intelligence avec laquelle il s'en empare. Il faut dire d'emblée que la mise en scène m'a d'abord déconcerté. Le dépouillement radical de l'espace, le refus de tout ornement, une certaine austérité dans les partis pris scénographiques. J’ai eu, les premières minutes, le réflexe du spectateur qui résiste. Puis, très vite, j'ai compris. Ce n'est pas de la sobriété pour la sobriété : c'est un choix qui sert la pièce avec une cohérence absolue. Dans cette salle d’une centaine de places, la proximité fait office de loupe. Chaque silence pèse. Chaque regard compte double. Le Poche est un théâtre qui oblige à la vérité et cette mise en scène ...

"Françoise par Sagan" au théâtre de Poche-Montparnasse avec Caroline Loeb

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  Au Théâtre de Poche-Montparnasse, Caroline Loeb fait revivre Françoise Sagan. Pas la légende, non. La femme. Celle qui parlait de l'argent comme d'un ami encombrant, du désir comme d'une évidence tranquille, de la mort comme d'un rendez-vous qu'on finit toujours par honorer, et dont on remet sans cesse la date. Ce qui frappe d'abord, c'est la justesse. Caroline Loeb ne fait pas Sagan : elle ne l'imite pas, ne la singe pas, n'emprunte jamais ce chemin de traverse affreux, la ressemblance appuyée, qui tue tout ce qu'il prétend rendre hommage. Elle l'habite, simplement. Avec une sobriété qui force l'admiration et, plus rare encore, la confiance. Dès les premières minutes, on oublie qu'on est au théâtre. On oublie même qu'on écoute une comédienne. On écoute Sagan. Sagan qui se raconte sans se plaindre, qui dit la vérité sans en faire un drame, comme si la vérité était la chose la plus naturelle du monde. Le texte, tiré du recueil...