Avant d'y aller, j'avais relu Antigone . Je voulais avoir le texte vivant en moi avant d'entrer dans cette petite salle du boulevard Montparnasse. Et c'est cette lecture fraîche qui m'a permis, dès les premières minutes du spectacle, de mesurer la fidélité absolue de ce que Didier Long propose et l'intelligence avec laquelle il s'en empare. Il faut dire d'emblée que la mise en scène m'a d'abord déconcerté. Le dépouillement radical de l'espace, le refus de tout ornement, une certaine austérité dans les partis pris scénographiques. J’ai eu, les premières minutes, le réflexe du spectateur qui résiste. Puis, très vite, j'ai compris. Ce n'est pas de la sobriété pour la sobriété : c'est un choix qui sert la pièce avec une cohérence absolue. Dans cette salle d’une centaine de places, la proximité fait office de loupe. Chaque silence pèse. Chaque regard compte double. Le Poche est un théâtre qui oblige à la vérité et cette mise en scène ...
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