Les soeurs Brontë

 


À l’occasion de la sortie du film « 
Hurlevent » à la mi-février, j’ai eu une envie irrépressible : entrer enfin dans l’univers des sœurs Brontë. Je ne les connaissais pas. Ou plutôt, je croyais les connaître, par échos, par citations, par réputation. Je n’avais encore rien lu d’elles.

Alors j’ai ouvert « Les Hauts de Hurlevent ». Puis « Jane Eyre ». Deux secousses très différentes, deux expériences presque contraires, mais une même intensité. L’une âpre, déchirante, indomptée ; l’autre traversée par une tension morale et une quête d’intégrité qui ne cèdent jamais. En refermant ces romans, j’ai compris que quelque chose s’était déplacé.

Je ne me suis pas arrêtée là. J’ai vu plusieurs adaptations des deux œuvres, curieuse de découvrir comment le cinéma s’empare de ces passions à vif et de ces paysages intérieurs. J’ai aussi lu une biographie consacrée à la fratrie, et regardé deux films centrés sur leur vie. Peu à peu, ce qui n’était qu’une découverte est devenu une immersion.

Février s’est déroulé sous le vent du Yorkshire.

Pendant un mois, j’ai vécu avec Charlotte Brontë, Emily Brontë et leur ombre fraternelle. J’ai arpenté leurs landes, partagé leur isolement, mesuré la rudesse de leur condition et la force tranquille de leur ambition. Ce qui me frappe aujourd’hui, ce n’est pas seulement la puissance de leurs œuvres, mais la cohérence entre leurs vies et leur écriture. Rien n’y est décoratif. Tout semble nécessaire.

Je suis profondément saisie par la singularité de ces voix et par la brièveté tragique de leurs destins. Il y a dans leur parcours une densité rare : écrire comme on respire, contre l’effacement, contre les contraintes sociales, contre la fatalité. On comprend, en les lisant et en les regardant vivre à travers les livres et les films, que la littérature fut pour elles un espace de liberté absolue.

Il me reste désormais à découvrir pleinement l’univers d’Anne Brontë, dont l’œuvre demeure encore pour moi une promesse. J’aborde cette dernière étape avec une forme d’impatience reconnaissante.

Ce mois de février passé en compagnie des Brontë n’avait rien d’un simple parcours de lectrice. Il fut une rencontre. Et certaines rencontres, même tardives, ont la force des évidences.


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