Bel-Ami au Lucernaire : une adaptation flamboyante et fidèle de Maupassant Après un premier triomphe au printemps dernier, le Théâtre du Lucernaire rouvre ses portes à « Bel-Ami » , l’adaptation du célèbre roman de Guy de Maupassant signée Claudie Russo-Pelosi et portée par la Compagnie des Joues Rouges . Programmée jusqu’au 9 novembre, cette reprise s’impose déjà comme l’un des rendez-vous majeurs de la saison théâtrale parisienne. Du mercredi au samedi à 20h30 et le dimanche à 17h, le public est invité à redécouvrir l’ascension fulgurante et amorale de Georges Duroy, ce provincial ambitieux que Maupassant avait fait naître dans le tumulte du Paris du XIX ᵉ siècle. Une interprétation habitée et nuancée Dans le rôle-titre, Aurélien Raynal livre une performance d’une intensité rare. Charmeur, cynique, parfois désarmant, son Duroy séduit autant qu’il dérange. Sous ses airs de jeune arriviste sans scrupules se dessine peu à peu le portrait d’un homme prisonnier de ...
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Affichage des articles du octobre, 2025
Christine Pawlowska "Écarlate"
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Christine Pawlowska : Écarlate , la fulgurance d’un seul livre Parfois la vie nous réserve de belles surprises, la littérature aussi. Je n’avais jamais entendu parler de Christine Pawlowska, ni de son roman « Écarlate » . C’est en regardant une émission littéraire sur Le Figaro TV que j’ai entendu son nom pour la première fois. La journaliste Alice Develey y évoquait le livre de Pierre Boisson, « Flamme, volcan, tempête » , dans lequel il raconte comment il a enquêté sur cette mystérieuse autrice après avoir découvert son roman par pur hasard. Intriguée par ce récit dans le récit, j’ai voulu, moi aussi, remonter à la source. Lire « Écarlate » avant de me plonger dans l’enquête de Pierre Boisson. Et quelle découverte. « Écarlate » est un roman qui frappe immédiatement par sa force et sa sincérité. Christine Pawlowska y raconte, avec une intensité rare, les tourments d’une adolescence en quête de repères : la solitude, les premiers désir...
"Les mondes de Colette" à la BNF
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Ce n’est pas une exposition monumentale, mais c’est une rencontre. À la BnF François-Mitterrand, Colette se dévoile dans un écrin feutré, presque intime. Manuscrits, portraits photographiques, affiches de ses pièces, et quelques objets personnels composent un parcours à la fois délicat et vibrant. On y croise la romancière de Claudine , la chroniqueuse des plaisirs parisiens, la femme libre avant l’heure, et même la créatrice audacieuse qui, dans les années 1930, lança sa propre ligne de cosmétiques et ouvrit un salon de beauté. Rien de spectaculaire ici, pas de mise en scène grandiloquente : la BnF a préféré la nuance à l’effet. Et c’est sans doute ce qui rend cette exposition si juste. Devant la plume nerveuse de Colette, ses visages successifs, ses audaces, on comprend qu’il s’agit moins d’admirer que d’écouter. En sortant, une envie s’impose, douce et pressante à la fois : ouvrir Le blé en herbe ou La Vagabonde , retrouver cette voix qui savait tout dire du désir, de la liberté, e...
Frédéric Paulin "Que s'obscurcissent le soleil et la lumière"
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Magistrale conclusion d’une trilogie sur le Liban Il y a des écrivains qui racontent. Et puis il y a ceux qui reconstruisent . Frédéric Paulin appartient à cette seconde catégorie, rare et précieuse, de romanciers dont la rigueur documentaire n’étouffe jamais le souffle du récit. Avec le dernier tome de sa trilogie consacrée au Liban, l’auteur signe non seulement la conclusion d’une fresque littéraire magistrale, mais aussi un hommage bouleversant à un pays déchiré par la guerre, la mémoire et l’espérance. Dans ce roman, Paulin s’attache à rendre intelligible la complexité du Liban contemporain. Ce n’est pas un essai, ce n’est pas un traité d’histoire : c’est un roman . Et pourtant, page après page, le lecteur se surprend à apprendre, à comprendre, à mesurer l’inextricable enchevêtrement des forces, des fidélités et des fractures qui ont façonné ce pays-monde, mosaïque d’identités et de blessures. Ce qui frappe particulièrement, c’est l’équilibre subtil entre réalité e...
Vanessa Schneider "La peau dure"
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C’est avec grande délicatesse que Vanessa Schneider nous embarque dans les méandres d’une vie paternelle fragmentée, recomposant la vie de cet homme insaisissable : un fils illégitime marqué par les stigmates d’une enfance chaotique, un esprit brillant aux engagements politiques fiévreux, un séducteur magnétique dont la liberté frôlait parfois l’indifférence. Mais « La peau dure » ne se contente pas de retracer un destin ; il explore, avec une lucidité tranchante, les silences et les éclats d’une relation filiale complexe, où l’amour se heurte à l’incompréhension, où la tendresse côtoie la colère. Michel Schneider apparaît dans toute sa contradiction. Tour à tour fascinant et exaspérant, généreux et distant, un homme dont la «peau dure» fut à la fois armure et prison. Son père, ce séducteur tourmenté, rongé par la honte d’être bâtard et la quête d’identité, devient sous sa plume un titan tragique, admirable dans ses failles autant que dans ses fulgurances. A travers lui...