Gilles Marchand "Les promesses orphelines"


 Avec Les Promesses orphelines, Gilles Marchand signe un texte d’une douceur nostalgique, un roman vibrant sur la jeunesse, les illusions et le temps qui passe. Une ode à ceux qui grandissent sans bruit, dans l’ombre des grandes promesses de leur époque.


Il y a chez Gilles Marchand une manière unique de faire battre le cœur des choses simples. Dans « Les Promesses orphelines », il raconte la jeunesse de Gino, gamin du Loiret dans les années 60, à une époque où tout semblait possible. Les Trente Glorieuses déploient leur horizon d’avenir radieux : la télévision s’installe dans les salons, les voitures filent sur les routes neuves, on rêve de fusées et de liberté. Et pourtant, Gino, lui, a le sentiment d’être à côté de tout cela ; un peu lent, un peu gauche, un peu en marge de ce monde qui s’emballe.

Marchand saisit avec une justesse rare ce mélange de tendresse et de décalage qui accompagne l’enfance. Il y a dans ce roman la beauté des petites espérances, celle des bals de village, des amitiés maladroites, des amours entrevues une fois et jamais oubliées. Rien n’y est spectaculaire, mais tout sonne juste : une époque se raconte à travers les gestes minuscules de ceux qu’on ne regarde pas.

L’écriture de Gilles Marchand, limpide et mélancolique, enveloppe le lecteur d’une chaleur singulière. On sent l’odeur de la terre, la musique d’un transistor, la lumière d’un été d’avant. Sous cette apparente légèreté, c’est toute une génération qu’il évoque, celle qui a cru aux lendemains meilleurs avant de comprendre qu’ils ne viendraient pas tout à fait comme prévu.

« Les Promesses orphelines » n’est pas seulement un roman sur le passé. C’est un livre sur les rêves que chacun porte en soi, ces promesses faites à l’enfant qu’on a été et qu’on n’a pas toujours su tenir. Et c’est peut-être là que réside la force de Gilles Marchand : dans sa capacité à nous rappeler que, même orphelines, les promesses continuent de vivre tant qu’on garde la tendresse de s’en souvenir.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

"Le CHANT des LIONS" Théâtre Tristan Bernard

Antigone de Jean Anouilh au Théâtre de Poche Montparnasse

"Le portrait de Dorian Gray" au Lucernaire