Ernest Hemingway « Paris est une fête »
Dans « Paris est une fête » Hemingway nous emmène dans le Paris des années vingt. Enfin, plus précisément dans certains quartiers de la capitale comme Saint-Michel, Saint-Germain-des-Prés, Montparnasse. C’est un vrai bonheur de lire ce roman et de se balader avec lui dans un Paris que nous n’avons pas connu. Grâce à sa magnifique plume, nous sommes en totale immersion avec lui. On flâne dans la librairie Shakespeare and Company de Sylvia Beach, on s’installe à la terrasse de « La closerie des Lilas » et on déambule d’un bout à l’autre du Jardin du Luxembourg. Ce sont des lieux que nous aimons encore aujourd’hui et il y a un peu de magie à les imaginer peuplés de gens comme Gertrude Stein ou F. Scott Fitzgerald. Il nous décrit ses relations, pas toujours faciles, avec eux. Mais nous découvrons surtout ce que c’est d’être un écrivain, un écrivain à ses débuts. Les galères, la pauvreté et surtout la persévérance.
Il évoque la vie quotidienne de cette communauté littéraire du Paris des années 1920, ainsi que les défis et les difficultés rencontrés par les écrivains de l'époque.
Comment ils ont travaillé dur pour surmonter les obstacles qui se dressaient sur leur chemin, comment ils ont enduré la pauvreté et la précarité, mais aussi comment ils ont trouvé l'inspiration et la force de poursuivre leur rêve.
« Je savais qu'il me fallait écrire un roman.
Mais cela me semblait une entreprise impossible, quand j'avais tant de difficulté à écrire des paragraphes où se trouvait déjà distillée, en quelque sorte, toute la matière d'un roman.[…] Je ne l'écrirais qu'en désespoir de cause, quand il n'y aurait plus rien d'autre à faire pour nourrir ma famille. Je serais réduit à l'écrire, lorsque je n'aurais plus le choix et qu'il ne me resterait plus aucun autre recours. »
Véritable terreau pour la création artistique et intellectuelle, capitale où les artistes trouvaient l'inspiration et la liberté d'expression dont ils avaient besoin.
« Génération perdue », mais génération qui a su vivre dans un Paris dont on est nostalgique sans même l’avoir connu.
« A Paris, à cette époque-là, vous pouviez vivre très bien avec presque rien et si vous sautiez un repas de temps à autre et ne renouveliez pas votre garde-robe, vous pouviez même faire des économies et vous permettre certains luxes. »
En refermant ce roman, on a envie d’arpenter le boulevard saint Germain, remonter le boulevard St Michel, traverser le jardin du Luxembourg, puis la rue Notre Dame des Champs et remonter jusqu’à la Closerie des Lilas, s’y arrêter boire un verre et s’imaginer Hemingway assis quelque part .. pas loin.. en train de lire ou peut-être même écrire...

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