« Leurs enfants après eux » film de Ludovic et Zoran Boukherma


 

Adapté du roman de Nicolas Mathieu « Leurs enfants après eux », lauréat du Prix Goncourt, le film de Ludovic et Zoran Boukherma est une fresque vibrante et bouleversante. Nous avions tellement aimé le roman de Nicolas Mathieu que nous avions un peu peur d’être déçus par cette adaptation. Cela n’a pas été le cas, le film se révèle être un chef-d’oeuvre de sensibilité et de réalisme. La mise en scène des frères Boukherma est à la fois sobre et audacieuse. Ils ne cherchent pas à surpasser le roman mais à le compléter, à lui donner une nouvelle vie à travers l’image. Et c’est réussi, dès les premiers plans, nous sommes plongé dans l’atmosphère suffocante de l'été 1992, dans une vallée de l'Est de la France où les hauts fourneaux ne brûlent plus. C'est là que nous rencontrons Anthony, interprété par un Paul Kircher éclatant, un adolescent en quête de sens dans un monde qui semble l'avoir oublié. Sa rencontre avec Stéphanie, campée par la lumineuse Angelina Woreth, est un coup de foudre qui résonne comme le battement de cœur d'une génération en perte de repères.

Nous avions lu ici et là que le film se focalisait trop sur « l’histoire d’amour » entre Anthony et Stephanie pour oublier le volet social du livre. Alors, s’il est vrai que leur histoire est au centre du film, les réalisateurs, avec finesse et poésie, capturent l’atmosphère de la Lorraine des années 90, avec ses paysages désolés, témoins silencieux des espoirs et des désillusions de toute une génération. 

De plus, Gilles Lellouche et Ludivine Sagnier, en parents d’Anthony, offrent des performances d’une intensité rare, révélant les fractures et les complexités des relations familiales. Ils sont bouleversants. Sans oublié Sayyid El Alami, dans le rôle de Hacine, qui apporte une dimension tragique et humaine à ce portrait d'une jeunesse en quête d’identité.


Quand à la bande son, clin d'œil aux tubes des années 90, elle enveloppe le film d'une nostalgie douce-amère, amplifiant chaque moment de joie ou de désespoir.


S’il est toujours délicat de mettre un roman en image, on peut dire que cette adaptation insuffle une énergie cinématographique au magnifique roman de Nicolas Mathieu. 


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